Mondiaux par équipes : la belle carte à jouer de la France et du Japon

Mondiaux par équipes : la belle carte à jouer de la France et du Japon

Image : WTT

 

C’est dans moins de deux semaines que ça commence. Pile un siècle après la première édition, Londres accueille à nouveau les championnats du monde par équipes, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’au regard de la cartographie très équilibrée du circuit mondial, cette édition est sans doute la plus excitante depuis longtemps. Chez les dames, disons qu’il y a encore une marge, mais côté messieurs, les tenants du titre n’ont jamais été aussi étouffés par les étaux français et japonais. Edito de la newsletter du 17 avril. 

 

 

Le Grand Brouillard. Londres n’a jamais aussi bien porté son surnom, en tout cas d’un point de vue pongiste. Il faut dire que ces championnats du monde semblent particulièrement indécis, quand on connait l’état de forme général des différents prétendants sérieux au titre suprême. Remportée par un Wang Chuqin bousculé jusqu’à la dernière seconde, la coupe du monde de Macao a fait un état des lieux des forces en présence chez les messieurs, comme une répétition générale de ce qui va se jouer du 28 avril au 10 mai prochain. À ceci près que dans la formation chinoise qui va concourir à Londres, seul le n°1 mondial a été performant. Lin Shidong, Xiang Peng et Zhou Qihao n’ont pas participé, et Liang Jingkun s’est fait surprendre par le vétéran Dimitrij Ovtcharov, avec une balle de match remportée sur un challenge TTR. Tout un symbole : aucun cadeau ne sera fait à l’empire du Milieu. 

La grande question posée par cette sélection concerne Wen Ruibo, l’étoile montante écartée après pourtant une victoire au Star Contender de Muscat, et une finale au Champions de Chongqing, perdue face à Félix Lebrun. Wang Liqin semble avoir d’autres projets pour le Hennebontais de 19 ans, à qui l’on est pourtant en droit de prêter des ambitions olympiques. Lui ont été préférées des figures d’expérience comme Liang Jingkun et Zhou Qihao, solides sur le papier, mais sans doute hors-jeu dans la course à Los Angeles. C’est donc une équipe de Chine somme toute prenable qui se présentera à Wembley, surtout quand on connait les derniers résultats de ses membres face aux mastodontes étrangers. 


La France et le Japon, l’embuscade qui effraie

Félix Lebrun et Sora Matsushima réveillent-ils Wang Hao la nuit ? C’est bien possible. Respectivement n°2 et n°4 du classement mondial par équipes, les formations française et japonaise comptent dans leurs rangs les pires menaces de la domination chinoise : Félix d’un côté, qui ne perd plus Lin Shidong depuis des mois, et qui domine régulièrement des figures du réservoir telles que Chen Junsong ou Chen Yuanyu, et de l’autre Matsushima, qui est peut-être aujourd’hui le joueur le mieux armé pour battre Wang Chuqin, comme il l’a déjà fait deux fois récemment. L’insolent génie de ce garçon de 18 ans est devenu le principal nuage au-dessus de la domination chinoise. 

Par ailleurs, nos deux stars sont extrêmement bien entourées. Alexis Lebrun est un joueur d’une écrasante solidité face aux nations européennes notamment, Simon Gauzy est capable de tout, lui qui a failli battre Lin Shidong dans l’un des plus grands matchs de l’histoire du ping l’an dernier, Flavien Coton est une pépite qui peut piéger n’importe qui (Zhou Qihao le sait bien, en Smash ou en Pro A), et même mal embarqué, Thibault Poret est capable de sortir de très grands matchs (Dang Qiu à Singapour). Championne d’Europe en titre, la France est un bloc de marbre qui n’a que très peu de faille. Même constat derrière Matsushima. Alors oui, Tomokazu Harimoto est toujours devant au classement, et il ne nous viendrait pas à l’idée de contester sa place de leader de la formation japonaise. Le fait est que l’ascension vertigineuse de Matsushima ces dernières semaines nous pousse à les mettre plutôt côte à côte face aux Chinois. Wonder Kid reste sur une victoire en simple et une défaite par équipes contre Wang Chuqin, mais lui aussi domine régulièrement Lin Shidong. Derrière, Togami est un vaillant soldat qui ne demande qu’à mieux finir ses balles de match, et la paire Uda / Shinozuka peut en inquiéter plus d’un. Avec du recul, on voit bien que les conditions à réunir pour prendre trois matchs à la Chine ne paraissent pas aussi inatteignables qu’au temps où cette équipe était menée par Ma Long, Xu Xin et Fan Zhendong, et où Wang Chuqin était le petit jeune à l’arrière.